Les chroniques de Jean-Pierre
Chronique #4




Bonjour chers amis,

Tant de choses se sont passées depuis ma dernière lettre. Je ne sais pas si j'aurai le temps de tout vous dire. Premièrement, je tiens à vous parler du puits. Lorsque je l'ai vu de mes yeux vus, le sol a dû se remonter de 20 pouces, parce que je me suis retrouvé le cul par terre ! De l'eau chers amis. Bon d'accord, elle n'est pas comestible, mais ça permet d'éliminer les rapaces inutiles de la tribu. Le fait qu'elle ne soit pas comestible fait en sorte que je continue tout de même à me déshydrater. Mais je m'en fous, c'est plus vendeur à la télé.

Nous avons finalement retrouvé Tsé-Tsé. Malheureusement, elle était passée à trépas, ensevelis par une avalanche de bouse. Sa témérité lui aura coûté la vie. Ce qui fait que je suis en deuil.

Wilbrod fait de grands progrès selon ses spécialistes. Le territoire de peau molle, flasque et graisseuse qu'il était commence à diminuer. À en croire ceux qui le côtoient, ils observent chez lui le même phénomène que ceux observés sur les calottes glaciaires dues au réchauffement climatique. C'est dire à quel point il fond rapidement !

Stanislas a obtenu son congé de l'hôpital vétérinaire. Nous avons craint une fracture de l'antenne qu'il s'était coincée, mais non, cette solide bestiole en a été quitte pour une foulure et une bonne frousse. Heureusement pour nous, il est notre courant alternatif principal.

En ce qui me concerne, je vais bien. Vos dons, quoique peu nombreux depuis quelque temps, m'ont tout de même permis d'un peu mieux vivre. J'ai changé ma hutte contre une maison à l'électricité solaire, et j'ai également offert à ma petite équipe de production (l'éclairagiste, le caméraman, le preneur de son, la coiffeuse, le chauffeur et un groupe de groupies), un autocar de luxe pour leur déplacement. Mais la diminution de vos dons menace m’a survie. Alors, donnez généreusement. Je détesterais faire réellement pitié.

Bon, comme je l'avais prévue, Stanislas, ma féroce génératrice n'en peut plus. Alors je vous laisse sur cette pensée que le sage du village m’a dite lorsqu'il est venu me supplier de nourrir le reste de la tribu: « si je cesse de respirer, je quitterai mon corps, mais nourrirai une partie de ma famille ». Quel homme généreux ! Il a nourri sa famille.

Sur ce, à la prochaine!

J.P.

Photo par maxime niyomwungeri sur Unsplash

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