Les chroniques de Jean-Pierre
Chronique #5



Bonjour tout de même!

Aujourd’hui, je suis choqué. Enragé, frustré, en colère. Une colère encore plus noire que je le suis. Hier, on m’a appris qu'on coupait l'aide que je recevais, car, selon certains, je ne fais plus suffisamment pitié.

Pardon ? Moi, Jean-Pierre le petit noir maigrichon je ne fais pas assez pitié. Et quoi encore. Ses gens qui me coupe le grain de sable sous ma corne de pied savent-il qu'avant votre aide je ne pesais que 3 livres 4 onces et deux tiers ! Grâce à vos dons, et à ceux du gouvernement, de 3 autres organismes, d'une levé de fond et d'un téléthon, j'ai réussi à prendre finalement du poids. Et pas qu'un peu. Oh que non bordel! J'ai pris 2 onces et un tiers. Ce n'est pas rien.

Qu'on rit de moi parce que je suis petit et frisé passe toujours. Mais qu'on se serve de moi comme d'un sexe-symbole anorexique pour ensuite me laisser tomber, je ne les laisserai pas faire.

Stanislas en arrache dans notre génératrice. Mais vous voulez que je vous dise, et bien qu'il souffre bordel de merde ! Je n'ai pas fini.

Savent-ils ces gens que je mange 3 cuillères à soupe de sable par jour. Que ma mère excrémente des boules de bouette et que mon père et si asséché qu'on se sert de lui comme tapis d'entré.

J'ai besoin de vos maigres 200 000$ de dons par année. Sinon, comment survivre dans cet environnement hostile ou à chaque instant un grain de sable peut vous happer en plein visage. Je sais, je ne suis pas le seul à faire pitié, mais y'en a-t-il beaucoup des comme moi qui, lorsqu'il se gratte le ventre, se chatouille l'intestin. Non, et pourquoi non. Parce que je fais pitié, voilà pourquoi.

Je vais terminer ma missive en vous disant de ne pas arrêter de m'aider. Si vous ne le faites pas pour moi, penser aux gens de mon village qui encore hier, ont été dans l'obligation de manger la seule racine que notre tribu ne cesse de voir en mirage.

Sur ce, je vous dis à la prochaine en espérant m'être détendu quelque peu. Et si je ne me suis pas détendu, alors vous ferez avec bordel. À la bonne vôtre comme vous dites vous les riches !

J.P.

Photo par maxime niyomwungeri sur Unsplash

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